Effets des pesticides sur la santé

Effets des pesticides sur la santé

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Chaque année, des millions de tonnes de substances chimiques sont épandues sur les cultures à travers le monde. Ces produits, connus sous le nom de pesticides, ont permis d’augmenter les rendements agricoles et de lutter efficacement contre les ravageurs. Pourtant, derrière cette efficacité apparente se cache une réalité sanitaire de plus en plus documentée et préoccupante. Les scientifiques, les épidémiologistes et les autorités de santé publique s’accordent désormais sur un point : l’exposition aux pesticides, qu’elle soit directe ou indirecte, professionnelle ou alimentaire, représente un risque réel pour la santé humaine. Des cancers aux troubles neurologiques, en passant par les effets sur la reproduction et le développement de l’enfant, les preuves s’accumulent et imposent un regard lucide sur nos pratiques agricoles et nos habitudes de consommation.

Comprendre l’usage des pesticides

Définition et catégories de pesticides

Le terme pesticide désigne un ensemble très large de substances chimiques destinées à éliminer ou à contrôler des organismes jugés nuisibles. On distingue plusieurs grandes familles selon leur cible :

  • Les insecticides : utilisés contre les insectes ravageurs des cultures.
  • Les herbicides : destinés à éliminer les mauvaises herbes concurrentes.
  • Les fongicides : employés pour lutter contre les champignons pathogènes.
  • Les rodenticides : utilisés contre les rongeurs.
  • Les nématicides : ciblant les vers parasites du sol.

Ces substances appartiennent à des familles chimiques variées, parmi lesquelles les organophosphorés, les carbamates, les pyréthrinoïdes ou encore les néonicotinoïdes. Chacune présente un profil toxicologique distinct, avec des modes d’action et des niveaux de dangerosité différents pour les organismes vivants, humains compris.

Un usage massif et généralisé

L’agriculture conventionnelle repose massivement sur l’utilisation de ces produits. La France figure parmi les plus grands consommateurs de pesticides en Europe, avec plusieurs dizaines de milliers de tonnes de substances actives utilisées chaque année. Mais l’usage ne se limite pas aux champs : les pesticides sont également présents dans les espaces verts urbains, les jardins particuliers, les terrains de golf, et même dans certains produits ménagers ou antiparasitaires pour animaux domestiques.

Pourquoi leur utilisation est-elle si répandue ?

L’attrait des pesticides repose sur leur efficacité à court terme et leur coût relativement faible. Ils permettent de protéger les cultures, d’assurer des rendements stables et de répondre à une demande alimentaire mondiale croissante. Cependant, cette logique économique occulte souvent les coûts cachés liés aux impacts sur la santé et l’environnement, des coûts qui sont supportés non pas par les producteurs mais par la société dans son ensemble.

Mieux comprendre ce que sont les pesticides et la manière dont ils sont utilisés est indispensable pour saisir l’ampleur de l’exposition à laquelle est soumise la population, un sujet qui mérite d’être examiné de près.

Exposition de la population aux pesticides

Les différentes voies d’exposition

L’exposition aux pesticides ne concerne pas uniquement les agriculteurs ou les travailleurs agricoles. La population générale y est confrontée de multiples façons, souvent sans en avoir conscience. Les principales voies d’exposition sont :

  • L’alimentation : principale source d’exposition pour la majorité des individus, via les résidus présents sur les fruits, légumes et céréales.
  • L’air intérieur et extérieur : les pesticides se volatilisent et peuvent être inhalés, notamment à proximité des zones agricoles.
  • L’eau de boisson : certains pesticides migrent vers les nappes phréatiques et les cours d’eau.
  • La poussière domestique : elle peut contenir des résidus de pesticides apportés par les chaussures ou les vêtements.
  • Le contact cutané : lors de l’application de produits dans les jardins ou via des produits antiparasitaires.

Des populations inégalement exposées

Si tout le monde est potentiellement exposé, certaines populations le sont de façon bien plus intensive. Les riverains des zones agricoles subissent des pics d’exposition lors des périodes de traitement des cultures. Les enfants représentent une catégorie particulièrement vulnérable en raison de leur comportement (jeux au sol, portage des mains à la bouche) et de leur physiologie en développement. Les femmes enceintes constituent également un groupe à risque majeur, l’exposition pouvant affecter le fœtus en développement.

Des données biologiques révélatrices

Des études de biosurveillance menées sur la population française ont mis en évidence la présence de métabolites de pesticides dans les urines de la grande majorité des personnes testées, y compris chez des individus n’ayant aucun lien direct avec l’agriculture. Ces résultats confirment que l’exposition aux pesticides est un phénomène généralisé et continu, qui dépasse largement le cadre professionnel.

Cette exposition diffuse et multiforme de la population soulève une question fondamentale : quelles traces ces substances laissent-elles dans notre environnement, et comment contaminent-elles les écosystèmes qui nous entourent ?

Contamination environnementale par les pesticides

Contamination environnementale par les pesticides

La présence des pesticides dans les sols et les eaux

Une fois épandus, les pesticides ne restent pas confinés aux parcelles agricoles. Ils se dispersent dans l’environnement par différents mécanismes : le lessivage par les pluies, la dérive lors de l’application par pulvérisation, ou encore la volatilisation dans l’atmosphère. Les sols agricoles accumulent des résidus qui peuvent persister pendant des années, altérant la biodiversité microbienne essentielle à la fertilité des terres. Les nappes phréatiques et les cours d’eau sont régulièrement contaminés, menaçant à la fois les écosystèmes aquatiques et la qualité de l’eau potable.

Un impact dévastateur sur la biodiversité

La contamination environnementale par les pesticides a des répercussions directes sur de nombreuses espèces animales et végétales :

  • Les abeilles et pollinisateurs : les néonicotinoïdes sont particulièrement incriminés dans le déclin des populations d’abeilles, avec des conséquences graves sur la pollinisation des cultures.
  • Les oiseaux : la réduction des populations d’insectes prive les oiseaux insectivores de leur principale source de nourriture.
  • Les amphibiens et poissons : très sensibles à la contamination des eaux, ces espèces voient leurs populations s’effondrer dans de nombreuses régions.
  • Les vers de terre : essentiels à la structure et à la fertilité des sols, ils sont directement affectés par les insecticides et les fongicides.

Un effet boomerang sur la santé humaine

La dégradation des écosystèmes par les pesticides finit par se retourner contre l’être humain. La contamination des eaux de surface et souterraines impose des traitements coûteux pour rendre l’eau potable. La perte de biodiversité fragilise les services écosystémiques dont dépend l’agriculture elle-même. Cette boucle de rétroaction négative illustre à quel point la contamination environnementale et les risques sanitaires sont intimement liés.

Si l’environnement souffre visiblement des effets des pesticides, c’est sur le corps humain que leurs conséquences sont les plus alarmantes, et les études scientifiques récentes ne laissent plus guère de place au doute.

Effets sanitaires des pesticides sur les humains

Les effets aigus : une toxicité immédiate

Une exposition soudaine et massive à des pesticides peut provoquer des intoxications aiguës aux symptômes rapidement identifiables :

  • Irritations cutanées et oculaires.
  • Nausées, vomissements et douleurs abdominales.
  • Vertiges, maux de tête et troubles de la coordination.
  • Dans les cas les plus graves : convulsions, détresse respiratoire, coma.

Ces intoxications aiguës touchent principalement les travailleurs agricoles exposés sans protection adéquate, mais elles peuvent aussi survenir chez des particuliers lors d’un usage domestique mal maîtrisé de produits phytosanitaires.

Les effets chroniques : des maladies qui s’installent dans la durée

Les effets chroniques de l’exposition aux pesticides sont plus insidieux mais tout aussi préoccupants. Les recherches établissent des liens statistiquement significatifs entre une exposition prolongée et plusieurs pathologies graves :

  • Les cancers : lymphomes non hodgkiniens, leucémies, cancers de la prostate et du sein sont régulièrement associés à une exposition aux pesticides. Une étude majeure a établi un lien direct entre des substances considérées comme non cancérogènes par l’OMS et le développement de cancers, remettant en question les classifications officielles.
  • Les troubles neurologiques : la maladie de Parkinson est l’une des pathologies les plus documentées en lien avec l’exposition aux pesticides, notamment aux organochlorés et aux organophosphorés. Des troubles de la mémoire et des fonctions cognitives sont également rapportés.
  • Les troubles respiratoires : l’inhalation régulière de certains pesticides comme la cyperméthrine aggrave l’asthme et favorise le développement de maladies pulmonaires chroniques.
  • Les perturbations endocriniennes : de nombreux pesticides agissent comme des perturbateurs endocriniens, interférant avec le système hormonal et pouvant provoquer des troubles métaboliques, thyroïdiens ou reproductifs.
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Des chiffres qui interpellent

Pathologie Niveau de preuve Pesticides principalement incriminés
Maladie de Parkinson Élevé Organochlorés, organophosphorés
Lymphome non hodgkinien Élevé Glyphosate, organochlorés
Cancer de la prostate Modéré à élevé Pesticides organochlorés
Troubles cognitifs Modéré Organophosphorés, pyréthrinoïdes
Perturbations hormonales Élevé Perturbateurs endocriniens divers

Ces effets sur les adultes sont déjà suffisamment graves pour justifier une action urgente, mais ils prennent une dimension encore plus critique lorsqu’on considère les populations les plus fragiles : les femmes enceintes et les jeunes enfants.

Risques liés à l’exposition prénatale et infantile

L’exposition in utero : une fenêtre de vulnérabilité critique

La période prénatale représente une phase de développement d’une sensibilité extrême aux perturbateurs chimiques. Le fœtus, dont les organes sont en cours de formation, ne dispose pas des mêmes mécanismes de défense qu’un adulte. Le placenta, longtemps considéré comme une barrière protectrice, ne filtre pas efficacement de nombreux pesticides. Des études ont démontré que ces substances peuvent traverser la barrière placentaire et s’accumuler dans les tissus fœtaux, affectant potentiellement :

  • Le développement du système nerveux central, avec des répercussions sur le quotient intellectuel et les capacités d’apprentissage.
  • La maturation du système immunitaire, augmentant la susceptibilité aux maladies infectieuses et allergiques.
  • Le développement des organes reproducteurs, avec des effets qui ne se manifestent parfois qu’à l’âge adulte.

Les enfants, cibles particulièrement vulnérables

Après la naissance, les enfants restent exposés à travers l’alimentation, l’air et les surfaces de leur environnement quotidien. Leur métabolisme immature les rend moins capables d’éliminer les toxines. Des études épidémiologiques associent l’exposition précoce aux pesticides à :

  • Une augmentation du risque de troubles du spectre autistique.
  • Des difficultés d’attention et des troubles du comportement (TDAH).
  • Un développement cognitif ralenti, mesurable par des tests de QI.
  • Un risque accru de certaines leucémies infantiles.

Des effets sur la fertilité et la reproduction

L’exposition aux pesticides affecte également la fertilité des adultes en âge de procréer. Des recherches publiées montrent une association entre l’exposition à certains pesticides et une baisse de la qualité du sperme, des cycles menstruels perturbés, et un risque accru de fausses couches. Ces effets, combinés aux impacts sur le développement fœtal, dessinent un tableau particulièrement préoccupant pour la santé reproductive des générations actuelles et futures.

Si ces risques touchent l’ensemble de la population, une catégorie professionnelle est exposée de façon bien plus intense et quotidienne : les agriculteurs, qui méritent une attention particulière.

Impact des pesticides sur les agriculteurs

Une exposition professionnelle hors norme

Les agriculteurs constituent la population la plus exposée aux pesticides. Ils y sont confrontés lors de la préparation des mélanges, de l’application sur les cultures, de la maintenance du matériel et même lors des rentrées dans les parcelles traitées. Cette exposition est à la fois cutanée, par inhalation et parfois orale, et elle se répète tout au long de la saison agricole, pendant des années voire des décennies.

Des maladies professionnelles reconnues

La reconnaissance des maladies professionnelles liées aux pesticides a longtemps été un combat pour les agriculteurs. Des avancées significatives ont été réalisées, notamment avec la reconnaissance de la maladie de Parkinson comme maladie professionnelle pour les agriculteurs exposés aux pesticides en France. D’autres pathologies font l’objet d’une surveillance accrue :

  • Les cancers hématologiques (lymphomes, leucémies).
  • Les cancers de la prostate.
  • Les troubles neurologiques et cognitifs.
  • Les maladies respiratoires chroniques.

Un manque de protection souvent criant

Malgré les réglementations en vigueur, le port des équipements de protection individuelle reste insuffisant dans de nombreuses exploitations. Les raisons sont multiples : inconfort, coût, manque de formation, ou sous-estimation des risques. Les équipements de protection adaptés (combinaisons, masques, gants, lunettes) sont pourtant indispensables pour réduire significativement l’exposition lors de la manipulation et de l’application des produits phytosanitaires.

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Un enjeu de santé au travail sous-estimé

Les études épidémiologiques menées sur des cohortes d’agriculteurs révèlent des taux de certains cancers et maladies neurologiques significativement supérieurs à ceux de la population générale. Ces données plaident pour une révision en profondeur des pratiques agricoles et pour un accompagnement renforcé des professionnels du secteur, tant sur le plan de la prévention que de la prise en charge médicale.

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L’exposition professionnelle des agriculteurs est directe et intense, mais la population générale n’est pas en reste : elle ingère chaque jour des résidus de pesticides via son alimentation, un phénomène qu’il est essentiel de quantifier et de comprendre.

Résidus de pesticides dans les aliments

Une présence largement documentée

Les contrôles officiels réalisés en Europe sur les denrées alimentaires révèlent régulièrement la présence de résidus de pesticides dans une proportion significative des échantillons analysés. Si la grande majorité de ces résidus se situe en dessous des limites maximales autorisées, la question de l’effet cocktail, c’est-à-dire l’exposition simultanée à plusieurs résidus différents, reste un sujet de préoccupation scientifique majeur.

Les aliments les plus concernés

Certains aliments concentrent davantage de résidus que d’autres, notamment :

  • Les fraises, les raisins, les pommes et les poires, fréquemment traités en cours de culture.
  • Les poivrons et les tomates, particulièrement exposés aux fongicides et insecticides.
  • Les salades et les épinards, dont la surface foliaire importante capte facilement les résidus.
  • Les céréales, pouvant contenir des résidus de fongicides appliqués en post-récolte.

L’effet cocktail : une problématique émergente

Les limites maximales de résidus (LMR) sont établies substance par substance, sans tenir compte des interactions entre différents pesticides. Or, un même aliment peut contenir des résidus de cinq à dix substances différentes simultanément. Les études toxicologiques montrent que des mélanges de pesticides peuvent avoir des effets bien supérieurs à la somme de leurs effets individuels, un phénomène dit de synergie toxique qui échappe encore largement aux cadres réglementaires actuels.

Comment limiter son exposition alimentaire ?

Quelques gestes simples permettent de réduire l’ingestion de résidus de pesticides au quotidien :

  • Laver soigneusement les fruits et légumes à l’eau claire avant consommation.
  • Éplucher les fruits et légumes dont la peau est comestible mais très traitée.
  • Privilégier les produits issus de l’agriculture biologique, qui interdit l’usage des pesticides de synthèse.
  • Varier les sources d’approvisionnement et les types d’aliments consommés.
  • Favoriser les circuits courts et les producteurs locaux engagés dans des démarches de réduction des intrants.

Face à cette réalité alimentaire et sanitaire, les pouvoirs publics ne sont pas restés sans réagir, même si les mesures prises sont souvent jugées insuffisantes par les experts et les associations de défense de la santé.

Mesures de prévention et réglementation en vigueur

Mesures de prévention et réglementation en vigueur

Le cadre réglementaire européen et français

En Europe, l’usage des pesticides est encadré par un règlement européen qui soumet chaque substance active à une procédure d’autorisation avant sa mise sur le marché. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) évalue la dangerosité des produits et fixe les limites maximales de résidus autorisées dans les aliments. En France, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) joue un rôle central dans l’évaluation et l’autorisation des produits phytopharmaceutiques.

Des avancées réglementaires significatives mais insuffisantes

Plusieurs mesures importantes ont été adoptées ces dernières années :

  • L’interdiction progressive de certains pesticides particulièrement dangereux, comme les néonicotinoïdes tueurs d’abeilles.
  • La mise en place de zones de non-traitement (ZNT) autour des habitations pour protéger les riverains.
  • Le renforcement des obligations d’étiquetage et de formation pour les utilisateurs professionnels.
  • La condamnation de la France pour inaction sur la réduction de l’usage des pesticides, qui a contraint les autorités à accélérer la mise en œuvre de plans d’action concrets.

Cependant, de nombreux experts estiment que ces mesures restent insuffisantes et trop lentes au regard de l’urgence sanitaire et environnementale documentée par la recherche scientifique.

La prévention individuelle et collective

Au-delà de la réglementation, la prévention passe par une meilleure information du public et des professionnels. Des programmes de formation des agriculteurs aux bonnes pratiques phytosanitaires, le développement de la médecine du travail agricole et la mise en place de registres de suivi sanitaire des travailleurs exposés constituent des leviers essentiels pour réduire les risques à court et long terme.

La réglementation fixe un cadre, mais c’est la transformation en profondeur des pratiques agricoles et des comportements individuels qui permettra de réduire durablement l’usage des pesticides et leurs effets sur la santé.

Actions pour réduire l’utilisation des pesticides

L’agroécologie et l’agriculture biologique comme alternatives crédibles

L’agriculture biologique constitue la réponse la plus radicale à la problématique des pesticides de synthèse, en les interdisant totalement au profit de méthodes naturelles de protection des cultures. Mais au-delà du bio, l’agroécologie propose une approche systémique qui vise à recréer des équilibres naturels au sein des exploitations agricoles : rotation des cultures, haies bocagères, auxiliaires de cultures, couverts végétaux. Ces pratiques permettent de réduire significativement le recours aux intrants chimiques tout en maintenant des niveaux de production satisfaisants.

La lutte biologique et les solutions alternatives

Le développement de la lutte biologique représente une piste prometteuse pour remplacer les pesticides chimiques. Elle repose sur l’utilisation d’organismes vivants (insectes prédateurs, champignons entomopathogènes, bactéries) pour contrôler les populations de ravageurs. D’autres solutions alternatives méritent également d’être développées :

  • Les phéromones de confusion sexuelle pour perturber la reproduction des insectes nuisibles.
  • Les variétés résistantes sélectionnées pour leur tolérance naturelle aux maladies et aux ravageurs.
  • Les biostimulants qui renforcent les défenses naturelles des plantes.
  • L’agriculture de précision, qui permet de cibler les traitements uniquement là où ils sont nécessaires, réduisant ainsi les volumes épandus.

Le rôle des consommateurs et de la société civile

Les choix de consommation individuels ont un impact collectif réel. En privilégiant les produits issus de l’agriculture biologique ou raisonnée, en soutenant les initiatives locales de transition agroécologique et en interpellant les élus sur ces enjeux, chaque citoyen peut contribuer à faire évoluer les pratiques agricoles. Les associations de défense de l’environnement et de la santé jouent également un rôle crucial dans la sensibilisation du public et la pression exercée sur les décideurs politiques.

Des politiques publiques ambitieuses comme condition sine qua non

La réduction durable de l’usage des pesticides ne peut reposer sur les seuls efforts individuels des agriculteurs ou des consommateurs. Elle nécessite des politiques publiques ambitieuses : soutien financier à la transition agroécologique, recherche publique sur les alternatives, révision des aides agricoles pour les conditionner à des pratiques vertueuses, et renforcement des contrôles sur les substances autorisées. La France, sous pression judiciaire et européenne, se trouve à un tournant décisif dans la définition de sa trajectoire agricole.

Les pesticides ont longtemps été présentés comme une nécessité incontournable de l’agriculture moderne. Les données scientifiques accumulées démontrent pourtant que leur coût sanitaire et environnemental est considérable. Des effets aigus aux pathologies chroniques graves, en passant par les risques spécifiques pesant sur les enfants, les femmes enceintes et les agriculteurs, le tableau est suffisamment alarmant pour justifier une transformation profonde de nos systèmes alimentaires. Les alternatives existent, les réglementations évoluent, mais le rythme du changement reste insuffisant face à l’urgence documentée. Réduire l’exposition aux pesticides n’est pas une option parmi d’autres : c’est une nécessité de santé publique qui engage la responsabilité des États, des entreprises agricoles et de chaque citoyen dans ses choix quotidiens.

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