Conseils Nutrition pour l'UTMB : optimisez votre Performance

Conseils Nutrition pour l’UTMB : optimisez votre Performance

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Entre promesses marketing et recettes toutes faites, la nutrition UTMB se gagne sur des choix mesurables : combien de glucides par heure, combien de sodium, quoi tester à l’entraînement et comment ajuster quand le froid, la chaleur ou l’estomac compliquent tout. L’UTMB Mont-Blanc n’est pas un trail comme les autres : 171 km, 10 000 m de dénivelé positif, deux nuits potentielles, des ravitaillements parfois espacés de plusieurs heures. Aucun gel miracle ne remplace une stratégie construite, testée et adaptée à votre physiologie.

Ce qu’il faut retenir
  • Viser 40 à 80 g de glucides par heure avec un mélange glucose/fructose pour maximiser l’absorption et limiter les troubles digestifs.
  • L’entraînement intestinal doit commencer 4 semaines avant la course : rien de nouveau le jour J.
  • L’hydratation cible est de 500 à 800 ml par heure selon la température, avec une attention particulière au sodium pour éviter l’hyponatrémie.
  • La caféine est un outil puissant mais à doser avec précision, surtout la nuit et en cas de fragilité digestive.
  • La récupération commence dans les 30 minutes suivant l’arrivée : 80 à 100 g de glucides et 20 à 25 g de protéines complètes.

Ce qui rend la nutrition de l’UTMB différente d’un trail classique

Ce qui rend la nutrition de l’utmb différente d’un trail classique

Un trail de 30 km se gère souvent avec quelques gels et une bonne hydratation. L’UTMB Mont-Blanc exige autre chose : une gestion nutritionnelle sur 20 à 45 heures d’effort continu, avec des contraintes qui s’accumulent et interagissent. Comprendre ces contraintes, c’est déjà éviter la majorité des erreurs.

La durée est la première variable. Au-delà de 4 à 5 heures d’effort, les réserves de glycogène musculaire et hépatique s’épuisent. Le corps bascule progressivement vers la lipolyse — l’oxydation des graisses — mais ce mécanisme ne suffit pas à soutenir des intensités élevées. Sans apport glucidique régulier, l’hypoglycémie guette, les jambes se vident et la lucidité chute. Sur un ultra-trail de cette ampleur, l’enjeu n’est pas seulement d’avoir de l’énergie : c’est d’en avoir en permanence, pendant des heures, dans des conditions changeantes.

L’altitude modifie la donne digestive. Entre 1 500 et 2 500 m, la vidange gastrique ralentit, les nausées augmentent et l’appétit diminue. Certains coureurs traversent le col du Grand Col Ferret ou la montée vers les Grands Mulets avec l’estomac fermé. Ignorer ce phénomène et continuer à avaler des gels hypertoniques à ce moment-là, c’est s’exposer à des vomissements ou à un blocage digestif complet.

La gestion thermique ajoute une couche de complexité. L’UTMB démarre en général dans la chaleur de la soirée d’août à Chamonix, traverse des nuits froides en altitude, puis revient dans des vallées plus chaudes. Ces variations modifient les besoins en hydratation, en sodium et en énergie. Par temps chaud, les pertes sudorales augmentent, la demande en électrolytes grimpe. Par temps froid, l’envie de boire diminue alors que les besoins restent réels.

Les ravitaillements espacés imposent une planification rigoureuse. Contrairement à un marathon où les ravitos sont tous les 5 km, certains tronçons de l’UTMB séparent deux postes de 2 à 3 heures. Partir avec les bonnes quantités dans les poches, savoir quoi prendre à chaque ravito, ne pas se retrouver à court d’énergie en pleine montée nocturne : tout cela se prépare sur carte, pas en improvisant.

Enfin, les nuits perturbent le rythme circadien, la digestion et la motivation à manger. Entre 2h et 5h du matin, l’organisme n’est pas programmé pour digérer efficacement. La tolérance aux sucres concentrés chute, les nausées sont plus fréquentes, et l’envie de manger disparaît souvent. C’est précisément à ce moment que beaucoup de coureurs sous-alimentent et paient la facture dans les derniers 50 km.

  • Durée : épuisement du glycogène, nécessité d’un apport continu
  • Altitude : ralentissement de la vidange gastrique, nausées accrues
  • Variations thermiques : besoins en eau et sodium fluctuants
  • Ravitaillements espacés : planification obligatoire des stocks
  • Nuits : digestion perturbée, appétit réduit, risque de sous-alimentation

Ces deux enjeux — énergie disponible et tolérance digestive — sont indissociables. Apporter trop de glucides d’un coup provoque des troubles digestifs. En apporter trop peu mène à l’hypoglycémie. La solution passe par des repères chiffrés précis, que voici.

Combien de glucides viser par heure pour performer sans exploser

La question du nombre de glucides par heure est centrale en ultra-trail. Trop peu, et le coureur s’effondre dans un mur métabolique. Trop, et l’intestin capitule. Les données disponibles convergent vers des plages exploitables selon le profil du coureur et l’intensité de l’effort.

Pour un effort d’ultra-trail à intensité modérée — ce qui correspond à la majorité des finishers de l’UTMB — la cible se situe entre 40 et 80 g de glucides par heure, soit environ 250 à 300 kcal par heure. Certaines approches plus conservatrices recommandent 30 à 60 g par heure pour les coureurs moins entraînés à l’alimentation en course ou ayant des antécédents de troubles digestifs. Ces deux plages ne sont pas contradictoires : elles reflètent des profils différents.

Profil coureur Glucides/heure recommandés Kcal/heure estimées
Débutant ultra / sensibilité digestive 30 à 50 g 120 à 200 kcal
Coureur confirmé, intestin entraîné 50 à 70 g 200 à 280 kcal
Élite / gut training avancé 70 à 80 g+ 280 à 320 kcal

Le choix des sources glucidiques n’est pas anodin. Le glucose (et son précurseur, la maltodextrine) emprunte le transporteur intestinal SGLT1. Ce transporteur sature autour de 60 g/heure. Au-delà, les glucides non absorbés fermentent dans l’intestin et provoquent ballonnements, crampes et diarrhées. C’est ici qu’intervient le fructose : il utilise un transporteur différent (GLUT5), ce qui permet d’augmenter le débit total d’absorption. Un mélange glucose/fructose dans un ratio 2:1 ou maltodextrine/fructose permet théoriquement de dépasser 60 g/heure sans saturer un seul transporteur.

En pratique, viser 60 à 70 g/heure avec un mélange bien formulé est accessible pour un coureur qui a travaillé son entraînement intestinal. Aller au-delà demande une adaptation progressive et un suivi attentif des signaux digestifs.

La fréquence de prise compte autant que la quantité totale. Consommer toutes les 30 à 45 minutes en petites quantités régulières est plus efficace — et mieux toléré — qu’avaler un gel toutes les 90 minutes. Cette régularité maintient la glycémie stable, évite les pics d’insuline et réduit le risque d’hypoglycémie entre deux prises.

L’intensité de l’effort module aussi les besoins. Sur les montées raides où l’allure chute, la dépense énergétique diminue et le besoin glucidique avec elle. Sur les portions roulantes ou les descentes rapides, la demande augmente. Adapter sa prise en temps réel — manger un peu plus dans les portions rapides, alléger dans les longues montées lentes — est une compétence qui se développe à l’entraînement.

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Avoir des repères chiffrés ne suffit pas si l’intestin n’est pas préparé à recevoir ces apports. C’est l’objet de la section suivante.

Entraîner son intestin: la clé souvent négligée avant l’UTMB

La majorité des abandons à l’UTMB liés à la nutrition ne sont pas causés par un mauvais choix de gel : ils résultent d’un intestin non préparé. L’entraînement intestinal — ou gut training — est la pratique systématique de l’alimentation en course lors des séances longues, pour habituer progressivement le système digestif à recevoir des glucides à l’effort.

Le mécanisme est physiologique. La vidange gastrique ralentit à l’effort car le flux sanguin se détourne de l’intestin vers les muscles. Plus l’intensité est élevée, plus ce détournement est marqué. Un intestin non habitué à digérer en conditions d’effort réagit par des nausées, des reflux ou des crampes. Mais comme tout système biologique, il s’adapte : exposé régulièrement à des apports glucidiques pendant l’effort, il augmente sa capacité d’absorption et réduit ses réactions de rejet.

Un protocole structuré peut s’organiser en trois blocs avant la course :

  • 4 semaines avant : introduire des apports glucidiques systématiques sur toutes les sorties longues (2h+), à raison de 30 à 40 g/heure, en testant différentes textures (liquide, gel, solide).
  • 3 semaines avant : monter progressivement à 50 à 60 g/heure sur les sorties de simulation, noter les tolérances et les inconforts.
  • 2 semaines avant : réaliser au moins une séance de simulation complète avec les produits définitifs, viser 80 g de glucides ou 400 kcal par heure pour tester les limites dans un contexte contrôlé.

La règle d’or reste la même : ne rien essayer de nouveau le jour de la course. Chaque gel, chaque boisson, chaque barre doit avoir été testé au préalable, dans des conditions proches de la course — effort prolongé, chaleur ou froid, fatigue accumulée.

Le choix des textures mérite une attention particulière. En début de course, quand l’appétit est bon et la digestion efficace, les aliments solides (barres, bananes, sandwichs) sont bien tolérés. À mesure que la fatigue s’installe et que la nuit avance, la tolérance aux solides diminue. Les gels et les boissons énergétiques deviennent alors plus faciles à ingérer. Certains coureurs vivent l’inverse : les sucres concentrés des gels leur donnent des nausées après 10 heures de course, et seul le salé solide passe encore. Il n’y a pas de règle universelle — seulement ce que vous avez testé sur vous.

Les nausées nocturnes méritent une stratégie dédiée. Passer aux saveurs salées (soupe, bouillon, chips, fromage), réduire la concentration en sucre des boissons, fractionner encore davantage les prises : ces ajustements simples permettent souvent de relancer la machine digestive quand elle cale.

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Une fois l’intestin préparé à recevoir l’énergie, encore faut-il gérer correctement l’eau et les minéraux qui permettent cette absorption. C’est le sujet critique de l’hydratation et du sodium.

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Hydratation et sodium: éviter le duo déshydratation-hyponatrémie

L’hydratation en ultra-trail est un équilibre délicat entre deux dangers opposés : la déshydratation, qui dégrade les performances et la thermorégulation, et l’hyponatrémie, une dilution du sodium sanguin qui peut devenir médicalement grave. Les deux peuvent survenir lors d’un même UTMB, selon les conditions et les erreurs commises.

Les repères de base : viser 500 à 800 ml de liquide par heure selon la température et l’intensité. Par temps frais (moins de 15 °C), 500 à 600 ml suffisent généralement. Par temps chaud (au-dessus de 20 °C) ou en montée exposée au soleil, monter à 700 à 800 ml. La méthode la plus simple pour maintenir une hydratation régulière sans y penser : une gorgée toutes les 15 minutes, en réglant une alarme si nécessaire.

Température ressentie Volume recommandé/heure Sodium recommandé/heure
Moins de 15 °C 500 à 600 ml 300 à 500 mg
15 à 25 °C 600 à 700 ml 500 à 700 mg
Plus de 25 °C 700 à 800 ml 700 à 1000 mg

Le sodium joue un rôle central que beaucoup sous-estiment. Il maintient l’osmolarité plasmatique, facilite l’absorption intestinale du glucose et de l’eau, et compense les pertes sudorales. Un coureur qui boit beaucoup d’eau pure sans compenser en sodium dilue progressivement son plasma : c’est le mécanisme de l’hyponatrémie. Les symptômes — gonflement des mains, maux de tête, confusion, nausées — sont souvent confondus avec de la fatigue simple. Dans les cas sévères, l’hyponatrémie peut nécessiter une prise en charge médicale.

À l’inverse, boire trop peu — surtout en altitude où la sensation de soif est émoussée — mène à une déshydratation progressive qui réduit le volume sanguin, surcharge le cœur et accélère la montée en température corporelle. Les urines sont un indicateur simple : jaune paille = bien hydraté, jaune foncé ou brun = déshydraté, incolore = potentiellement sur-hydraté avec risque d’hyponatrémie.

Les électrolytes en course se prennent sous plusieurs formes : comprimés effervescents à dissoudre dans la flasque, boissons isotoniques formulées, capsules de sel. L’important est de choisir une source testée à l’entraînement et de l’intégrer systématiquement, pas seulement quand on se sent mal. Les ravitaillements proposant du bouillon chaud (soupe de légumes, bouillon de poule) sont une excellente source de sodium et de chaleur lors des nuits froides — profitez-en.

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Hydratation et énergie forment le socle de la stratégie. Mais sur 30 à 45 heures de course, d’autres leviers — lipolyse, caféine, gestion des coups de mou — font souvent la différence entre finir debout et abandonner.

Lipolyse, caféine et coups de mou: les ajustements qui font la différence

La lipolyse — la mobilisation des acides gras comme carburant — est souvent présentée comme la solution magique de l’ultra-trail : courir sur les graisses, épargner le glycogène, ne plus avoir besoin de manger. La réalité est plus nuancée. À basse intensité (moins de 60 % de VO2max), le corps oxyde effectivement une proportion élevée de lipides. Mais dès que l’intensité monte — une côte, une accélération, une descente technique — il revient aux glucides. En ultra-trail, les intensités varient constamment. Miser uniquement sur la lipolyse revient à sous-alimenter une machine qui en a besoin.

La lipolyse est un atout réel pour les phases lentes — longues montées en marchant, portions nocturnes calmes — mais elle ne dispense pas d’un apport glucidique régulier. Elle permet simplement de tenir entre deux prises sans s’effondrer. Un coureur bien entraîné en endurance fondamentale aura une lipolyse plus efficace, ce qui lui permet de descendre légèrement ses apports glucidiques en phase lente sans risquer l’hypoglycémie.

La caféine est l’outil ergogénique le mieux documenté en endurance. Elle améliore la vigilance, réduit la perception de l’effort et peut retarder la fatigue centrale — particulièrement utile lors des phases nocturnes de l’UTMB. La dose efficace se situe entre 2 et 4 mg par kg de poids corporel. Pour un coureur de 70 kg, cela représente 140 à 280 mg, soit l’équivalent de 2 à 3 expressos ou de 2 à 4 gels caféinés selon leur teneur.

Mais la caféine a des effets secondaires qui comptent en ultra :

  • Elle accélère le transit intestinal — utile si vous êtes constipé, problématique si votre intestin est déjà fragile.
  • Elle peut perturber le sommeil si prise trop tôt dans la nuit, ce qui aggrave la fatigue lors des phases suivantes.
  • Elle provoque une vasoconstriction périphérique par temps froid, ce qui peut accentuer la sensation de froid aux extrémités.
  • En cas de déshydratation, ses effets sont amplifiés et moins prévisibles.

Une stratégie raisonnée : éviter la caféine dans les 6 heures avant le départ si vous partez le soir, réserver la première prise pour la deuxième moitié de la première nuit (vers 1h-2h du matin), et espacer les prises de 3 à 4 heures maximum pour éviter l’effet de rebond.

Les coups de mou — ces passages à vide où les jambes ne répondent plus et la tête décroche — surviennent souvent par hypoglycémie ou sous-alimentation accumulée. La réponse immédiate : ingérer 20 à 30 g de glucides rapides (gel, boisson sucrée, pâte de fruit), marcher 10 minutes pour laisser le temps à la glycémie de remonter, puis reprendre progressivement. La prévention est plus efficace : augmenter légèrement les apports avant les phases difficiles anticipées (montée longue, passage de nuit), plutôt qu’attendre le coup de mou pour réagir.

Varier les saveurs — alterner sucré et salé — aide aussi à maintenir l’appétit sur la durée. L’appétence pour le sucré diminue souvent après plusieurs heures de gels. Intégrer des options salées (bouillon, chips, fromage, pain avec du sel) dans les ravitaillements relance souvent l’envie de manger.

Ces ajustements tactiques s’intègrent dans un plan opérationnel complet, qui commence bien avant le départ de Chamonix.

Plan pratique UTMB: avant-course, départ, ravitaillements et nuit

Un plan nutritionnel UTMB efficace commence trois jours avant le départ. L’objectif : maximiser les réserves de glycogène musculaire et hépatique, stabiliser la digestion et arriver au départ dans un état optimal.

J-3 à J-1 : augmenter progressivement les glucides complexes (pâtes, riz, pain complet, pommes de terre), viser 1,5 à 2 litres d’eau par jour, limiter les fibres irritantes (légumineuses, crucifères crus, son), éviter les plats gras ou épicés. Certains coureurs adoptent un protocole proche du régime scandinave entre J-10 et J-3 — une phase de déplétion suivie d’une surcharge glucidique — mais cette approche demande une expérimentation préalable et n’est pas adaptée à tous.

La veille : repas du soir simple et digeste, structuré autour de féculents (riz blanc, pâtes blanches), légumes cuits et une petite portion de protéines maigres (poulet, poisson blanc). Pas d’alcool, pas de nouveauté culinaire, pas de restaurant inconnu.

Le matin du départ : petit-déjeuner pris 3 heures avant le départ, riche en glucides, pauvre en fibres et en graisses (flocons d’avoine, pain blanc, banane, miel). Une heure avant le départ, une demi-dose de boisson énergétique dans 500 ml d’eau ou une gaufre de sport permet de maintenir la glycémie sans surcharger l’estomac.

Pendant la course, voici une check-list par ravitaillement :

  • Recharger les flasques avec eau + électrolytes ou boisson isotonique
  • Faire le point sur les stocks de gels/barres restants et compléter selon le prochain tronçon
  • Manger un aliment solide si l’appétit le permet (soupe, sandwich, fruit)
  • Prendre du sodium si le dernier tronçon était chaud ou long
  • Ajuster la caféine selon l’heure et la fatigue ressentie

Exemple de combinaison pour un tronçon de 3 heures entre deux ravitaillements :

  • Flasque 500 ml avec boisson isotonique (30 g de glucides, 400 mg de sodium)
  • 2 gels énergétiques glucose/fructose (22 g de glucides chacun) pris à 45 min et 1h30
  • 1 barre de céréales ou pâte de fruit au départ du tronçon (20 g de glucides)
  • Total : environ 94 g de glucides sur 3h, soit ~31 g/heure — à ajuster à la hausse selon la tolérance

La nuit est le moment le plus critique. Réduire la concentration en sucre des boissons, passer aux saveurs salées, intégrer une prise de caféine calibrée, fractionner encore davantage les apports (toutes les 20 à 30 minutes plutôt que 45). Si l’appétit est nul, les bouillons chauds des ravitaillements sont souvent le seul aliment qui passe — c’est déjà de l’énergie, du sodium et de la chaleur.

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La course terminée, le travail nutritionnel n’est pas fini. La récupération conditionne la vitesse à laquelle le corps répare ce que l’UTMB a abîmé.

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Récupération: quoi manger et boire pour réparer et repartir

Récupération: quoi manger et boire pour réparer et repartir

Après 20 à 45 heures d’effort, l’organisme est dans un état de déplétion profonde : glycogène quasi nul, fibres musculaires endommagées, déshydratation partielle, sodium et électrolytes déficitaires. La récupération nutritionnelle n’est pas optionnelle — elle conditionne la vitesse de retour à la normale et la prévention des blessures secondaires.

La fenêtre la plus importante : les 30 minutes suivant l’arrivée. Dans cette période, l’enzyme glycogène synthase est à son activité maximale, ce qui permet une resynthèse du glycogène particulièrement efficace. L’objectif : consommer 80 à 100 g de glucides dans ce délai. En pratique, l’appétit est souvent faible ou absent juste après l’arrivée — les liquides sucrés (boisson de récupération, jus de fruit, lait chocolaté) passent souvent mieux que les solides.

Simultanément, viser 20 à 25 g de protéines complètes riches en acides aminés essentiels (BCAA) pour initier la réparation musculaire. Le ratio optimal de la collation de récupération est de 3 parts de glucides pour 1 part de protéines. Un exemple concret : 500 ml de lait chocolaté (environ 60 g de glucides, 17 g de protéines) complété par un yaourt grec (10 g de protéines supplémentaires) et une banane (25 g de glucides).

La réhydratation suit les mêmes principes qu’en course : eau + sodium. Une boisson légèrement salée ou une soupe est plus efficace que de l’eau pure pour restaurer le volume plasmatique. Surveiller la couleur des urines reste le meilleur indicateur : viser le jaune paille dans les heures suivant l’arrivée.

Quand l’appétit est vraiment absent, quelques options tolérables :

  • Smoothie banane-lait-miel (glucides + protéines en format liquide)
  • Bouillon avec pain blanc (sodium + glucides simples)
  • Compote de fruits + fromage blanc (glucides + protéines légères)
  • Boisson de récupération formulée (solution de facilité testée à l’avance)

Dans les heures suivantes, réintroduire progressivement des repas complets : glucides complexes, protéines maigres, légumes cuits (pas de crudités agressives pour un intestin fragilisé). Éviter l’alcool dans les 24 premières heures — il perturbe la synthèse protéique et aggrave la déshydratation. Le sommeil est aussi une composante de la récupération nutritionnelle : c’est pendant le sommeil profond que la majorité des hormones anaboliques (GH, IGF-1) sont sécrétées.

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Cette approche pratique s’appuie sur des principes physiologiques solides. Mais il existe aussi des règles de calcul nutritionnel — les règles 4-2-1 et 4-4-9 — dont il faut comprendre la portée exacte avant de les appliquer à l’ultra-trail.

Règles 4-2-1, 4-4-9 et exemples d’élites: ce que cela vaut pour l’UTMB

La règle 4-2-1 est une référence de répartition des macronutriments dans l’alimentation quotidienne d’un sportif d’endurance : 4 parts de glucides, 2 parts de protéines, 1 part de lipides. Elle sert de guide pour construire les repas hors compétition — particulièrement utile en phase de préparation pour s’assurer que les glucides dominent l’assiette sans négliger les protéines de réparation ni les lipides essentiels.

En contexte d’ultra-trail, cette règle s’applique surtout à la période de charge glucidique dans les 3 jours avant la course. Elle ne s’applique pas directement pendant la course, où les besoins sont dictés par la physiologie de l’effort et non par les ratios alimentaires classiques.

La règle 4-4-9 est une règle de conversion calorique fondamentale :

  • 1 g de glucides = 4 kcal
  • 1 g de protéines = 4 kcal
  • 1 g de lipides = 9 kcal

Cette règle permet de calculer la densité énergétique des aliments et produits de course. Par exemple, un gel contenant 22 g de glucides apporte 88 kcal. Pour atteindre 300 kcal/heure uniquement via des gels, il faudrait environ 3,4 gels par heure — ce qui est souvent irréaliste sur le plan digestif et financier. D’où l’intérêt de combiner gels, boissons et solides pour répartir la charge.

La règle 4-4-9 est aussi utile pour évaluer la densité énergétique des aliments de ravitaillement. Une tranche de pain avec du beurre de cacahuète apporte environ 15 g de glucides + 8 g de lipides + 5 g de protéines, soit 155 kcal dans un format compact et savoureux — bien plus intéressant qu’un gel en termes de satiété et de variété.

Sur les approches des coureurs d’élite, les informations disponibles montrent des profils très différents selon les individus. Un coureur régulièrement dans le top 5 de l’UTMB depuis 2021, ayant terminé son premier UTMB en 2018 à la 13e place en 23h53 et passé depuis sous la barre des 20 heures, adapte nécessairement son alimentation à un effort de haute intensité relative — ce qui modifie profondément les besoins glucidiques par rapport à un finisher en 35 heures.

Kilian Jornet est souvent cité comme référence nutritionnelle. Ses approches documentées incluent une grande flexibilité métabolique, une capacité à oxydation des graisses élevée, et une alimentation variée incluant des aliments réels (fromage, pain, soupe) en plus des produits de sport. Mais extrapoler son alimentation à un coureur amateur serait une erreur : ses adaptations physiologiques résultent de décennies d’entraînement à très haut volume. Ce qui fonctionne pour lui à 19 heures d’effort à haute intensité ne s’applique pas mécaniquement à quelqu’un qui court en 30 ou 40 heures.

La leçon à retenir des élites n’est pas leur menu exact, mais leur méthode : tout est testé, rien n’est improvisé, et la stratégie est ajustée en temps réel selon les signaux du corps.

FAQ

Quelle est la stratégie nutritionnelle pour un ultra trail ?

Viser 40 à 80 g de glucides par heure avec un mélange glucose/fructose, boire 500 à 800 ml par heure selon la température en intégrant du sodium, fractionner les prises toutes les 30 à 45 minutes, entraîner son intestin avant la course et n’utiliser que des produits testés à l’entraînement. Adapter en temps réel selon la météo, l’allure et la tolérance digestive.

Qu’est-ce que la règle 421 en alimentation ?

La règle 4-2-1 est une répartition des macronutriments recommandée pour les sportifs d’endurance : 4 parts de glucides, 2 parts de protéines et 1 part de lipides. Elle sert à structurer l’alimentation quotidienne en préparation, notamment lors de la charge glucidique dans les 3 jours précédant un ultra-trail.

Qu’est-ce que la règle 4-4-9 en matière de nutrition ?

La règle 4-4-9 correspond aux valeurs caloriques des macronutriments : 1 g de glucides = 4 kcal, 1 g de protéines = 4 kcal, 1 g de lipides = 9 kcal. Elle permet de calculer rapidement la densité énergétique des aliments et des produits de course pour planifier les apports caloriques par heure.

Quelle est la nutrition de Kilian Jornet sur l’UTMB ?

Kilian Jornet combine des produits de sport classiques (gels, boissons) avec des aliments réels (fromage, pain, soupe) et dispose d’une flexibilité métabolique élevée lui permettant d’oxyder efficacement les graisses à haute intensité. Son approche résulte de décennies d’entraînement spécifique et ne constitue pas un modèle directement transposable à un coureur amateur.

La nutrition UTMB n’est pas une science exacte, mais elle repose sur des principes physiologiques solides et des repères chiffrés testables. Construire sa stratégie glucides par glucides, sodium par sodium, séance après séance : c’est le seul chemin qui mène à Chamonix avec les jambes et l’estomac encore en état de fonctionner.

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